Retour définitif en France ou poursuivre son expatriation ? Cette question a dû traverser l’esprit de très nombreux (tous ?) expatriés.

La Covid nous nous atteint tous, d’une façon ou d’une autre. On a perdu nos privilèges, nos libertés, notre insouciance. Quand est-il alors des personnes expatriées, déjà isolées de leurs proches ?
La covid a rompu les liens fragiles qui germaient tranquillement, les opportunités d’intégration, si précieuses en terrain inconnu. Pour de nombreux expatriés, cette crise a déclenché un changement de vie. Et très souvent, c’est la santé mentale qui dépend d’un retour en France !

Les expatriés se sentent doublement isolés

On sort d’une année tellement difficile. On s’est senti (on se sent encore) complètement isolés. Nous sommes nombreux à travailler de la maison depuis le début de la pandémie… nous n’avons le droit de voir PERSONNE. À l’exception de l’été dernier, 6 personnes et 3 foyers maximum. Un répi de bien courte durée.

J’ai l’impression de sortir d’une année d’isolement, un peu abîmée. Le pire, c’est que je dis « sortir » par ce que l’année 2020 est terminée… Mais la réalité c’est qu’on se prépare sérieusement à vivre une deuxième année ainsi. Ou alors entre 6 et 10 mois de plus, pour le meilleur scénario. Car les règles ne cessent de se durcir et les frontières sont très loin de réouvrir. On espère tous que les choses s’adoucissent dans les mois à venir.
Mais commencer l’année ainsi, quand on avait tous le goût de l’espoir à la bouche, ça coupe l’herbe sous pied. Ça mine encore un peu. Soyons patients.

Je ne vais pas m’étaler sur les effets du confinement, je me confiais ici… On est bien chanceux d’avoir la santé, un travail. On est vraiment pas à plaindre… Mais être confiné si longtemps avec si peu de lien social, ça laisse des traces. Point final. Ta vision des choses change. Indéniablement, tu perds la saveur de ton expatriation. Tu perds la hauteur, la prise de recul. T’es cloisonné, collé à toi même. Chaque jour passe et se ressemble. tu dois garder le cap.

Tu te rattaches aux skypes avec ta famille, mais les voyant toujours réunis avec quelques restrictions, t’as l’impression d’être le dindon de la farce. Pourtant, c’est pas drôle non plus en France. Malgré tout, tu éprouves ce sentiment désagréable et à la longue fait peser la solitude.

Je pense que pour ces raisons, de nombreux expatriés ne sont tout simplement plus heureux loin des leurs. Plus rien ne balance l’éloignement familial. Des difficultés supplémentaires (perte d’emploi, décès, la difficulté des visas au Quebec, et autres) peuvent venir assombrir le tableau. Le retour au pays s’impose.

Bonne ou mauvaise décision, définitive ou temporaire…. Peu importe quand un changement s’impose.

Mon regard sur notre expatriation

Hooo oui, ce covid il nous joue des tours ! Il met notre santé mentale à rude épreuve. Il vient brouiller nos pensées…
Mais aujourd’hui, si je fais cet article, c’est pour vous partager du positif ! De l’espoir et beaucoup de gratitude.
Et si je le fais c’est parce que je suis passée par bien des phases difficiles.

Malgré toutes les difficultés, la vie finit toujours par me rappeler les choix que j’ai faits et me montre que je suis à la bonne place.

En quittant la France, on a suivi notre instinct et fait les concessions qui s’imposaient à nous. Aujourd’hui le Canada, si imparfait, me montre une fois de plus la terre d’opportunité qu’il est. Que tout est possible. Que si tu y crois, que tu y mets un peu du tiens, l’univers te répond. C’est le sentiment que j’ai depuis que je vis ici. Les choses suivent… je ne nage plus à contre courant. Si j’entreprends quelque chose on me donne 2 fois plus, on ne me dit pas de me taire.

Tout cela peut paraître bien abstrait. Mais notre vie familiale épanouie et nos vies professionnelles florissantes font notre bonheur. Peu importe la crise que nous vivons, les piliers de notre vie sont là, bien solides. Et même si cette crise est parfois très dure à surmonter, nous n’avons pour l’instant pas remis en cause notre vie ici. Car nous aurions bien trop à perdre.

Je continue de rêver, de réaliser le chemin parcouru. Je sais d’où je viens et chaque matin je suis dans ce monde idéal. La lumière du soleil, un manteau gris ou le blanc de la neige, le ciel bleu des journées glaciales, la forme des sapins derrière la fenêtre… C’est mon décor Canadien. Celui que je suis venue chercher. Celui que je chérie tant.

Ma famille, vous me manquez tant. Bien ici mais toujours déracinée de vous. On a besoin de se retrouver et cette déconnexion me fait mal. Mais voyons loin, voyons grand. On se retrouvera et il me tarde de partager la vie avec vous.
On va se retrouver. Et nos coeurs vont exploser. <3

Maudits-Pancakes.

1 réponse sur “Mon regard sur l’expatriation depuis la COVID

  1. Salut Deborah. Effectivement, le contexte n’est vraiment pas évident, sachant qu’il limite notre flexibilité à traverser l’Atlantique comme bon nous semble, mais aussi à poursuivre notre insertion sociale, un des piliers de notre intégration… Heureusement, l’expatriation forge notre capacité d’adaptation. Continuons de regarder les choses du bon côté… 😉

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