Résidence permanente : des milliers d’immigrants sur un siège éjectable

Aujourd’hui un article au nom des milliers d’immigrants, comme nous, dans l’attente de leur résidence permanente. Depuis Juillet 2019, plus aucun accusé de réception n’est délivré et aucune communication officielle n’a vu le jour. Plus d’un an d’attente et de doute.

Le dossier est-il bien arrivé au bureau de l’immigration ? Est-il bien complet ? Ce sont des réponses qu’on souhaite avoir le plus rapidement possible (normalement communiqué en quelques semaines) car en attendant la procédure, le permis temporaire court… tout comme notre droit de travailler sur le sol Canadien.

L’anticipation est de rigueur lorsqu’on a un statut temporaire car il faut jongler avec les permis de travail et leur durée de validité limitée.

MEMO : 1. la Résidence Permanente (RP) vous autorise à travailler sur le territoire de manière permanente, non limitée dans le temps (en réalité pendant 5 ans, mais renouvelable).
2. Pour y accéder, vous devez avoir été sélectionné par le Québec et donc obtenir votre Certificat de Sélection du Québec (CSQ). Valable 24 mois, il vous permet de présenter votre demande de RP et d’attendre sa validation.
3. Le CSQ n’est pas un permis de travail, il fait donc un permis temporaire valide en parallèle pour pouvoir rester sur le territoire.

4. Le permis de travail autorise l’individu à travailler dans le pays en question, le visa, lui, est obligatoire pour l’entrée sur le territoire et dépend de votre pays d’origine.


La situation actuelle

Les demandes de résidence permanente sont étudiées à Ottawa, autrement dit, par la Canada. Le traitement est donc au niveau Fédéral (Canada) et non Provincial (Québec).
En revanche les seuils d’immigration sont fixés par le Québec. La Province annonce chaque année les quotas de migrants qu’elle est prête à accueillir.
Jusque là, pas de problème, on est d’accord.

Actuellement, Ottawa pointe du doigt les seuils d’immigration fixés par le Québec et les conséquences de la COVID-19.
En effet, les délais de traitement déjà très longs se rallongent, l’annonce des quotas se fait tarder, et le Covid n’a pas fait de bien à la situation existante. Les agents de l’immigration ont été placés en télétravail mais de trop nombreuses procédures sont encore au format papier. Dont la demande de Résidence Permanente. Clairement, le tournant numérique au sein des services immigration n’est pas amorcé.

Difficile à vivre pour nous les candidats

Ce manque de visibilité est tout simplement stressant et anxiogène. C’est notre vie sur le sol Canadien qui est en jeu, un projet de vie et de nombreux sacrifices réalisés pour arriver jusqu’ici.

Bon nombre d’entre nous sommes des travailleurs installés au Québec depuis plusieurs années, contribuent activement à l’économie du pays (impôts, achat immobilier, lancement d’un commerce, etc.).  
Nous avons déjà été sélectionnés par le gouvernement du Québec (demande de CSQ, obligatoire avant de déposer une demande de résidence permanente).
On joue donc le jeu, on suit les étapes et sommes arrivés au pied de l’objectif final. Celui d’accéder à la Résidence Permanente, mettant fin aux demandes de visas temporaires et autorisant la demande de citoyenneté le cas échéant.

On patiente donc depuis plus d’un an dans l’attente de cet accusé de réception, sans aucune certitude que le dossier soit connu des services de traitement et surtout s’il sera traité. Tic Tac, Tic Tac…

Nos pires craintes

Premièrement on ne sait pas quel sort nous attend.
Rappelez-vous, en 2018 c’est 18000 dossiers de demande d’immigration qui on été tout bonnement « jetés à la poubelle ». Des milliers de vies impactées et parfois brisées, en quelques secondes.
Le gouvernement est capable de le faire. Il peut recommencer.
Va-t-il se débarrasser de ces milliers de dossiers en attente, cumulant un retard de traitement monumental ?
On ne sait pas. Nous sommes sur un siège éjectable…

Choses à savoir :
– Le certificat de sélection du Québec (CSQ) est valable 24 mois et laisse le temps aux candidat d’envoyer leur résidence permanente et d’attendre son acception. Si la résidence permanente n’est pas validée avant ces 24 mois, le CSQ restera valable en attendant le décision finale. OUI, à condition d’avoir reçu un accusé de reception….

Déjà 16 mois écoulés. On attend.
– Le CSQ n’est pas un permis et ne vous autorise pas à travailler au Québec. Vous devez donc avoir un permis de travail valide en parallèle.

Les conséquences

Certains voient leur CSQ arriver à échéance, sans même avoir eu un accusé de réception de la RP.
Il faut donc refaire un CSQ mais aussi faire un nouveau visa de travail s’il arrive également à échéance, ce qui a été notre cas (pas toujours évident, ça nécessite de trouver un employeur prêt à vous accompagner. Encore beaucoup d’incertitude et de stress).

Mais le problème c’est qu’avec toute cette situation et les délais de traitement de permis rallongés à cause du covid, beaucoup de personnes sont tombés, comme nous, en statut implicite.
Cela signifie entre autre, la perte de la couverture sociale et l’interdiction de quitter le pays sous peine de ne pas pouvoir y rentrer au retour.
T’as pas intérêt à tomber sérieusement malade, te blesser et encore moins de rentrer au pays voir tes proches.
Au moins avec la Covid, ce dernier point est réglé…
(Fort heureusement la sécurité sociale, RAMQ, à prolongé sa couverture de 6 mois supplémentaires au vue de la situation actuelle).

Voici quelques exemples auxquels nous sommes confrontés :
– des délais passant de 16 à 30 mois d’attente,
– des frais allant jusqu’à 12 000 $ pour une famille de 4 personnes
– des frais de renouvellement de permis en attendant la RP
– supporter un 2ème passage de la visite médicale (valide qu’un an), encore une fois à nos frais.
– Coûts, précarité, status implicites


Que sait-on aujourd’hui ?

L’immigration (IRCC) met de l’avant les impacts de la COVID-19 et des facteurs externes, comme le manque d’accès aux documents papier. Au printemps, ils ont lancé un appel d’offres pour revoir leurs systèmes informatiques vieillissants avec la volonté de s’adapter aux nouvelles façons de travailler.

On entend les impacts de la Covid… Mais à un moment donné il faut que ça bouge. Les conséquences sont bien trop importantes. Des avocats en immigration couvrent l’affaire et on suppose que :

Depuis juillet 2019, le service immigration a tout simplement cessé de traiter les demandes des travailleurs qualifiés québécois, parce qu’il a atteint les seuils pour l’année, selon les seuils d’admission établis par la province du Québec.

Soit, si tel est le cas, on aimerait bien le savoir ! Je pense qu’au point où nous en sommes, nous avons simplement besoin d’être rassurés et d’avoir un minimum de visibilité. J’entends par là, au moins une communication officielle, même si tout n’est pas clarifié de leur côté. Une sortie du silence !
Les nouveaux seuils d’immigrations pour l’année viennent d’être communiqués récemment, on espère donc tous que cette annonce pourrait au moins débloquer quelque chose au sein de l’immigration qui aurait maintenant toutes les cartes en mains.

Existe-t-il un accord entre Québec et Ottawa pour ne pas traiter nos demandes, afin de vider l’inventaire de dossiers déjà en traitement? C’est LA grande question qu’on se pose.

Les éléments encourageants

 Le ministère fédéral de l’Immigration a mentionné mettre en œuvre un accusé de réception modifié. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni. On ne sait pas s’il aura la même valeur que le véritable accusé de réception.
S’il prouve que le dossier a été reçu, cela n’implique pas son traitement.

Une des grosses craintes est que les agents renvoient le dossier s’il n’est pas complet et nous devons tout recommencer de zéro. Cela va de l’absence d’un papier au manquement d’une signature.
On sait tous à quel point le dossier et les pièces à fournir peuvent être complexes et que nous avons passé de longues soirées de travail et de relecture.

Quelques sources au gouvernement on évoqué que dans une situation où le CSQ est expiré, ils ne retourneront pas les dossiers, même s’il est incomplet. Rien d’officiel, mais ça peut nous rassurer et nous éviter un retour à zéro.

Attendre 2 ans pour finalement se voir retourner un dossier incomplet, ce serait inconcevable !


Quels recours avons-nous ?

Des groupes Facebook ont vu le jour pour rassembler les informations et permettre d’échanger sur les situations personnelles de chacun et ô combien différentes des unes des autres…
Une réelle entre-aide lorsque des personnes se retrouvent dans des situations réellement difficiles ou précaires.

1. Groupes Facebook :
AR pour RP via TQQ
Où sont nos dossiers de Residences Permanentes – Québec?
Le Québec, c’est nous aussi

2. Des milliers de candidats ont soumis leur rétroaction auprès de l’immigration pour exiger des réponses :
Soumettre sa rétroaction.

3. Signer la pétition Près de 10 000 signataires à ce jour.

3. Vous pouvez contacter le député fédéral de votre circonscription qui saura avoir des informations sur votre dossier auprès de l’immigration. Mais beaucoup d’entre nous les ont contacté et ils ne pourront pas faire grand chose de plus. Au mieux, ils sauront récupérer votre numéro EXP, mais il ne s’avère pas plus utile pour la suite.

4. Si vous êtes mal pris à cause des délais de RP, contactez les agents de l’immigration (s’armer d’une grande patiente et de motivation !). Ils sont capables de vous aider dans vos démarches en cours (même s’ils ont tous des discours différents quant aux RP, ils savent vous aider sur toute autre démarche).

5. Définitivement, si votre situation est urgente et complexe, si possible faites appel à un avocat en immigration. Il vous évitera l’épluchage de milliers d’informations et témoignages différents sur les réseaux et vous donnera des réponses concrètes, professionnelles et personnalisées.

La situation prend de l’ampleur et nos actions commencent à porter leur fruit. Le sujet est enfin relayé par la presse, notamment sur Radio Canada et Le Devoir. Le 13 novembre à eu lieu une manifestations à Montréal pour nous faire entendre. Un événement relayé dans la presse et partagé par quelques politiciens. On commence à parler de nous !


J’espère que cet article pourra en aider certains. J’ai tenté de centraliser les informations relayées un peu partout sur le web, ainsi que les liens utiles pouvant vous aider. La situation n’a jamais autant fait parler d’elle jusqu’à aujourd’hui. Ça va bouger à un moment ou à un autre.
On lâche pas ! Courage à tous !

Soyez libre de commenter et partager vos informations. La situation est complexe, floue et je ne connais pas tout 😉 

Maudits-Pancakes.

Vis ma vie de maman expatriée

On se retrouve pour nouvel article dans le quel un bon nombre de mamans expat (ou non) se reconnaîtront !
En expatriation, on passe beaucoup de temps à culpabiliser vis à vis des choses qu’on a « enlevées » à nos enfants. À savoir : les proches, les amis et toutes les références qu’on a soi-même connues en étant enfant. Mais on oublie vite ce qu’on leur apporte et toute l’énergie qu’on déploie sans compter. Pour eux et la famille au complet.

Je vous livre (en partie !) comment je perçois mon rôle de maman et comment il est influencé par l’expatriation.
Avec en prime, quelques anecdotes ! Et du second degrés. 😉


1 – Je suis guide touristique

Les débuts sont déstabilisants et euphoriques ! Et pour oublier la désorientation sous-jacente, je veux croquer la vie à pleine dent, vivre chaque jour à fond et découvrir tout ce qui m’entoure, très vite.


« Alors attention les yeux, voila le planning des 4 prochains weekends. On va se plonger dans la ville, visiter tous ses quartiers et découvrir toutes leurs particularités.
Sans oublier les incontournables : Le Mont-Royal, Le Vieux-Port, la Basilique Notre-Dame, la rue Sainte-Catherine, blablabla..
Et quand on aura besoin d’une pause, on en profitera pour goûter les spécialités : crèmes glacées, queues de castor, poutines etc..
Vous êtes contents ???
Julien : « He ouais tout ça ? ok, cool. »
Harry : « Ouinn »
Moi : « Ça va être formidable ! =D  »


2 – Je suis le guide GPS

Une semaine après notre arrivée au Québec, Julien a commencé son travail.
Pendant ce temps, pas le temps de niaiser. Il faut s’installer et repérer les lieux !
Organiser le quotidien, repérer les sites utiles, les indispensables, faire des démarches, sonner aux portes.
Avec mon petit Harry de 1 an sous le bras, je suis désorientée, déboussolée, mais je n’en laisse rien paraître pour prendre les choses en main et découvrir notre nouvel environnement.

Sans voiture au départ, on en a fait des pas !
Tellement de chemins explorés que le weekend je peux guider mon mari avec assurance !


« Crois moi sur parole chéri, il faut tourner à droite ! Je le sais, c’est ici que je me suis perdue avec Harry l’autre jour. Tu sais la fois où tu n’avais pas de nouvelles de moi et que je suis rentrée tard en prétextant qu’Harry avait besoin d’air frais. Je l’ai cherché mon chemin pendant toutes ces heures. Fais-moi confiance. C’est à droite. »


3- Je suis cheffe de chantier

Quand Julien travaillait , j’ai vu intervenir quelques corps de métier à la maison. L’électricien, le technicien Internet, les livreurs de meubles, les déménageurs (salut les affaires de France venues par bateau !) etc… Et on connait tous ce genre d’intervention. Ça se passe à coup sûr : tel jour, entre 7h et… 18h. De quoi travailler sa patience et sa flexibilité !


« Ça y est, mon bébé dort enfin ! Ho mon dieu, j’espère que… Ding donnnng ! »


4 – Je suis professeure d’Anglais

Bien qu’on parle majoritairement le Français au Québec, on attend bien plus souvent l’Anglais ici que dans notre cher pays natal. Pas question de manquer cette opportunité pour mon fils.

Je me remets sérieusement à niveau et je parle désormais Anglais à mon enfant. Par les consignes simples, les jeux, les livres. Même si la facilité de la langue natale est coriace.


« Harry please, could you give me ton bavoir s’il te plait ? « 
« Time to sleep my boy. Take your doudou and.. Harry dépécheuuuh ! »


5 – Je suis égoïste

Parfois, entre tout cela, j’entre dans une phase très égocentriste. Elle est indispensable à mon épanouissement et me permet de me redécouvrir. Grossomodo : Je ne veux penser qu’à moi, me faire plaisir, profiter !


« Le doudou ? Attends chéri, je suis pleine introspection. D’ailleurs, demain il ne faudra pas compter sur moi, j’hésites entre une journée spa ou une rando en solo. Pff, je suis bête ! Je vais faire les deux ! »


6 – Je suis auto-entrepreneuse

Plus loin encore dans la quête de soi-même et comme tout est plus intense dans cette nouvelle vie, certaines passions deviennent évidentes et le lion qui est en moi veut conquérir le monde !


« Et ouais chéri, j’ai un projet à moi ! t’as vu ça ? Je pourrais compter sur toi ? Ça va me prendre du temps tout ça, je risque d’être un peu moins disponible. Mais on est une équipe pas vrai ?
À ce propos, t’as les outils pas loin ? J’ai réfléchi à l’aménagement de mon studio 🙂 »


7 – Je suis psychologue

Haa l’expatriation, ça en soulève des questions. Il y a les miennes… et celles-des autres.
« Maman, pourquoi je peux pas aller chez mamie, pk elle est en France ?  »
Tu sens la culpabilité qui vient ? À ce moment là, pour ton fils, c’est complètement anodin mais toi t’as besoin de te justifier !


« Tu sais mon coeur, papi et mamie sont en France et nous maintenant on vit au Canada. C’est merveilleux parce qu’on se voit souvent dans le téléphone et quand on veut se voir en vrai on prend l’avion, c’est trop excitant ! Et quand on se voit on vit des moments forts. Et tu sais, le plus important, c’est qu’on s’aime très fort. Papi et mamie pensent toujours à toi, comme toi tu penses à eux. Et n’oublies jamais que… Héé regardes maman ! Ma crotte de nez ! »


8 – Je suis prête à tout pour une nounou

Avec le recul, la plus grande difficulté en étant loin c’est de ne pas pouvoir compter sur l’aide de la famille. Impossible de se « décharger », souffler un peu ! Alors parfois, on implose, on aimerait se laisser un peu d’air, à tous les trois.

« Donc, si je compte le tarif de la nounou, le resto et le ciné, ça fait quoi… 250$ la soirée ? Additionné aux autres fois, je fais le calcul sur le mois ? Laisses tomber on sort, on verra plus tard. »


Le mot de la fin

Ce que je sais, c’est que toutes les mamans sont multi-caskets, qu’elles soient expatriées ou non.
La complexité de l’expatriation amène un lot de défis supplémentaires mais aussi de belles découvertes.
Des choses qui nous permettent d’évoluer et de se connaître un peu plus.

Là où tout est possible, on cherche l’équilibre entre le bonheur et la culpabilité de vivre l’expatriation. Pas toujours facile, mais je crois qu’on s’en sort quand même bien … Car on peut être heureux partout, du moment qu’on le décide.

Maudits-Pancakes.



Et comme la maternité est aussi complexe que merveilleuse, je te livre mes confessions de maman ici et j’aborde le sujet du « petit deuxième » par là.

Le voyage qui a changé ma vie

Je veux te parler de mon histoire. Plus qu’un voyage : un aller sans retour, le grand saut, le projet d’une vie. Le genre de chose pour laquelle il y a un avant et un après. Le genre de chose qui vous transforme.
Mon histoire est celle de notre expatriation au Québec, depuis la France.

Rétrospective

Ce grand départ pour le Québec, c’était le rêve de notre couple, l’espoir d’une vie meilleure et la volonté de créer notre bonheur selon nos envies, nos valeurs et nos besoins.
En 2013, le Canada nous attire, même si on le connaît mal. On décide d’y passer 15 jours pour se faire une idée.
Et déjà dans notre esprit, on prospecte.
Pendant les 5 années suivantes, on essaiera de trouver un emploi Québécois depuis la France : on participe à des salons de recrutement, on crée notre réseau. On a de l’espoir mais aussi des déceptions.
Malgré tout, on avance : on se construit une jolie maison et nous devenons parents.
2018, c’est notre heure. Après 5 ans de recherches tantôt actives, tantôt en pause, c’est finalement lors d’une semaine de décembre que 2 employeurs proposent leur offre à mon conjoint.
6 mois plus tard, avec 3 grosses valises et notre fils de 1 an, on s’envole pour Montréal.
C’est le premier jour du reste de notre vie.

Comment l’expatriation a changé nos vies

Notre vie à changé par bien des aspects : pays, culture, environnement, climat, codes sociaux, coutumes, langage…
Je pourrais t’en dire bien davantage mais tu l’as compris:  l’expatriation c’est un lot de changements et beaucoup d’adaptation. Ça, c’est le côté “pratique” et “visuel” des choses.
Je t’invite à lire mon article Comment l’expatriation a chamboulé nos vies ? si tu veux aller plus loin.

Moi, je veux te parler de l’intérieur :
la remise en question de mes valeurs, mes croyances et ma perception du monde.
Je te parle des changements irrévocables que je vis et qui définissent déjà la personne que je serais demain.  

Challenge, fierté, découverte et bonheur

J’ai évoqué brièvement tous les changements auxquels on peut faire face en intégrant un nouveau pays.
C’est pas toujours facile, mais c’est aussi ce que nous sommes venu chercher : de la nouveauté, du défis, le challenge de se réinventer, tout reconstruire.
Après 2 ans de vie au Québec, aussi “court” que ça puisse être et malgré les passages à vide, c’est incroyablement grisant ! OUI, on l’a fait !

Et quand je regarde en arrière, je me sens fière et reconnaissante de vivre chaque jour de plus ici.
Parce que non seulement on a tout quitté, mais c’est aussi un pari réussi.
Jamais je n’aurais cru en arriver là après 2 ans d’expatriation : un épanouissement familial et professionnel, une intégration réussie, de beaux et grands projets, nos objectifs de vie respectés. 
Ne sachant pas de quoi est fait l’avenir, je n’oublie jamais la chance que nous avons.
Une chance que nous avons construite, pour ne jamais avoir de regrets.

Manque, solitude, questionnements

Il m’arrive parfois d’être frappée par une lucidité soudaine, mêlée de culpabilité.
Tout à coup, mon esprit me remet face à mes choix : j’ai tout quitté ! 
Comment j’ai pu imposer ce choix à tous nos proches, empêcher mes parents de voir leur petit fils, priver mon enfant de liens irremplaçables et extraordinaires. Et tous ces petits cousins et cousines qu’il ne connaît pas vraiment et à côté de qui il aurait pu grandir.
Me voilà tiraillée entre mon pays natal : mes racines, ma famille, mes souvenirs, tout ce qui m’a construit. Et mon pays de d’adoption : celui du champ des possibles, de l’épanouissement et ou nos rêves deviennent réalité.

Voilà une facette de notre expatriation, celle véhiculée par l’éloignement avec la famille.
Car choisir de tout quitter n’est pas une chose facile.
Mais je me rappelle ensuite pourquoi nous sommes ici et la plus belle facette de notre expatriation refait surface.
Une vie meilleure, une société bienveillante et respectueuse, un pays ou on te donne la chance avant de douter de toi et ou on te laisse vivre ta vie sereinement.
Est-ce que ces raisons justifient le fait de quitter les siens ? C’est la question que je préfère éviter de me poser. C’est douloureux, ça me fait me sentir égoïste et finalement je pense que personne n’est légitime pour y répondre et qu’il n’y  pas de réponse universelle.
Tout est une question de choix, incluant des conséquences. À nous de les assumer ensuite.

Soit tu t’accables sur ce sentiment qui t’empêchera d’avancer. Soit tu arrives à passer les vagues.

Maudits-Pancakes.

Alors, en attendant que mon fils devienne assez grand pour me questionner / me reprocher de l’avoir emmené loin de sa famille (et croyez moi qu’à 3 ans, les questions commencent déjà à voir le jour), j’accepte et j’apprivoise ces sentiments parfois douloureux.
Ça sera toujours ainsi dans les moments les plus difficiles. Et ça le sera certainement pour mon fils aussi, qui réalise chaque jour un peu plus que sommes loins des nôtres. Mais on ne cessera jamais d’en parler pour éviter que l’un de nous ne souffre en silence. Et on sera toujours plus armés pour passer ces passages à vide.


Ce grand voyage, qui pour moi n’en est pas un, mais plutôt notre nouvelle vie, me fait considérer autrement tous mes acquis. Mes croyances, mon rapport à la famille, mes priorités, ma vision du monde et de ma culture natale… Tout a changé.
Tout a changé mais je ne me suis jamais autant sentie moi même.


L’expatriation est une multitude de remises en question mais aussi le plus beau voyage vers la connaissance de soi. 

Maudits-pancakes


Futur expat ? 

Tu pense à t’expatrier ? Tu rêves de nouvelles aventures et tu préfères tenter ta chance pour ne jamais avoir de regrets ? Tu as raison ! Et si ça ne fonctionne pas, alors tu seras le plus heureux de savoir que ta place est dans ton pays natal. Tu auras la fierté de l’avoir fait !
Si ça fonctionne, ça va être la meilleure expérience de ta vie ! Mais des regrets il y en a toujours. Car une fois dans ton pays d’adoption, tu n’as pas le regret de ne pas l’avoir fait, mais dans bien des cas, tu regretteras de ne pas avoir été là à certains moments, de ne pas avoir été présent pour les personnes qui comptent le plus pour toi.

Et c’est comme ça. Soit tu t’accables sur ce sentiment qui t’empêchera d’avancer. Soit tu arrives à passer les vagues.
Personnellement, je trouve la force de passer ces vagues dans tout ce que la vie me donne.
Et je ne le dirais jamais assez, tout est une question d’équilibre.
Je mets de la couleur à mon tableau noir pour qu’il se soit jamais que sombre. Mais plutôt une belles composition de mes nuances, avec au premier plan, les plus belles d’entre elles. 

Maudits-Pancakes.


À tout de suite sur les réseaux !


Tu en veux plus ?

Je t’invite à découvrir la façon dont on vit « notre retour annuel au pays« , ou encore, les « 10 raisons d’aimer l’automne au Québec« .
Enfin, si tu te demandes si « la vie est si belle au Canada ? » C’est par ici !



“ Cet article participe à l’événement inter-blogueurs “ le voyage qui a changé ma vie ” du blog d’une famille expatriée au Québec : Stalimapics. Je vous conseille cet article pour voir de sublimes paysages et leur transformation selon les saisons. Toute la beauté du Quebec ! ”

À toi, rescapé du confinement

Début mars, je fêtais les 3 ans de mon fils en chalet, entre amis, le temps d’un weekend.
De l’amour, du partage et… tant d’insouciance.

La suite, je ne l’ai pas vue venir. Personne ne l’a vue venir.
De retour au travail, on nous annonce la fermeture des écoles et milieux de garde. Le début d’une succession de fermetures strictes. Les gens qui se ruent dans les épiceries. Des pénuries de viandes, produits laitiers et de papier toilette… Nous voilà confinés. En pleine pandémie.

La « vie » s’est arrêtée ainsi que toute forme de légèreté et d’insouciance. La maison devient le lieu de travail mais aussi la garderie. 2 fonctions qu’il faut imbriquer aux débâcles de la vie de famille.
Chacun d’entre nous a dû jongler. S’adapter. Se recentrer sur l’essentiel, aussi.
Car il y a toujours une part de positif à prendre. Mais définitivement, c’est un choc. Brutal.
Cette pandémie et son confinement nous ramènent à notre condition de simple mortel et ça fait peur.
Nous sommes les mortels d’une époque aux rouages fous. Une course au « toujours plus » que notre planète ne peut suivre. Le retour de baton es tombé. 

Chamboulement et confrontation

Ce confinement a enfermé la vie de chaque membre de la famille dans un seul et même endroit.
Une promiscuité méconnue fait son apparition, du jour au lendemain. Les parents veulent travailler lorsque les enfants veulent s’épanouir. L’un veut relaxer quand l’autre veut se concentrer.
Cette promiscuité de chaque instant vient se heurter à notre besoin individuel d’intimité. 

Ce confinement est venu surchargé le domicile familial, réveillant les petits compromis que chacun avait accepté pour la paix du ménage. L’organisation, les rôles, les horaires sont littéralement chamboulées.
Les émotions se heurtent, ne pouvant plus circuler dans la dynamique familiale qui était si bien rodée.

Ce confinement il nous met littéralement face à nos pensées, nos émotions et nos fragilités les plus profondes.
Forcés de ralentir, c’est l’occasion pour elles de sortir et de s’exprimer au grand jour.
Les écouter, les comprendre mais avant tout en prendre conscience. Sinon les subir.
Je n’ose imaginer l’impact que ce confinement a pu avoir sur la santé mentale des plus vulnérables, les plus tourmentés. Sans penser à la libération des pires démons : la violence conjugale et infantile, mais aussi les drogues, les troubles comportementaux et bien d’autres.
Ce confinement est clairement le moment d’écouter ses propres failles et des les apaiser.
Et c’est OK si on a besoin de se faire aider pour ça.  

Confinement et expatriation 

C’est certain, vivre le confinement à des kilomètres de ses proches ne rend pas la chose facile.
Pour l’expatrié, c’est prendre la distance en pleine face.
Anéantir la possibilité de visiter ses proches avant même que l’envie ne se pointe.
Les frontières sont fermées et retrouver tes proches n’est pas un voyage essentiel ces temps-ci, même si ça l’est pour toi. Visualiser de prochaines retrouvailles est impossible, l’avenir n’a jamais été si incertain.
Puis-je oser leur dire « à l’année prochaine » ?
La « deuxième vague » et un avenir sur fond de pandémies nous guette.

Un sentiment d’insécurité qui apparaît, le statut d’étranger qui se montre plus fort. Tu cherches tout à coup tes repaires identitaires. Mais t’as beau faire 10 fois le tour de ta maison confinée, c’est pas là que tu vas les trouver.

Expatrié confiné, à un moment ou à un autre tu as dû ressentir l’isolement et la perte de repères fondamentaux. Sûrement les pires ennemis quand on est loin… Mais je veux te dire que c’est correct.
Les pays se déconfinnent, mais a-t-on retrouvé la vie d’avant ? Certainement pas. On accuse encore le coup.
On essaie de s’adapter et construire de nouveaux repaires. De nouvelles armes pour vivre avec ce nouveau présent. 

Comme nous, beaucoup travaillent encore de la maison. Se rappelant chaque jour que c’est différent, pas comme avant. La longue traîne de ce confinement presque résolu, matérialisée par le port du masque et ces nouveaux gestes barrière quotidiens. Par cette liberté restreinte.

On est humains

Pandémie mondiale, éloignement social et familial, confinement, travail/enfants à la maison, chamboulements, pertes de repères, de rythmes., surcharge émotionnelle… Dois-je continuer la liste de ce que nous vivons ces derniers temps ? Ajouter à cela la pression des réseaux à faire son pain maison, acheter local, lancer de nouveaux projets personnels/professionnels etc… Je suis pour toutes ces idées ! Mais chaque chose en son temps… Peut-on se foutre la paix et juste encaisser ce qui se passe ? Ensuite on gérera.

Mon cas n’est pas le plus à plaindre pendant cette pandémie. Loin de là. Mais si comme moi tu as/as eu des moments plus durs, accepte-les, comprends-les. Réalises tout ce que tu vis. Et prends le temps qu’il faut.
J’ai le conseil facile… la première à ne plus y voir clair. Mais si j’écris tout ça, c’est que j’ai commencé à digérer beaucoup de choses.

Je t’invite à la méditation et la sérénité. Recentres-toi sur des petits bonheurs, des sensations qui sont à ta portée. On commence par là et promis, un nouveau souffle vient. Quand tu seras prêt, tu sauras te réinventer dans ce nouveau présent. Libre à toi de soulever des montagnes… ou pas, après tout ! 🙂

Un pas de plus vers la connaissance de soi ou l’art du bonheur dans un monde incertain. Je nous souhaite juste de savoir être heureux. Peu importe comment ce drôle de monde tourne… L’instant présent et ton TOI ne te feront jamais faux bon. Alors chéri-les.  

La vie est-elle si belle au Canada ?

Le Canada, cette terre d’accueil. Ses grands espaces, son économie florissante, sa bonne humeur, son climat spectaculaire, sa générosité… Autant de choses qui lui valent un statut d’eldorado.
Alors la vie y est-elle si belle ? Est-ce qu’on doit tenter sa chance les yeux fermés ?
Tu penses t’installer au Canada ? Tu te demandes ce qui t’attend ?
Tu trouveras peut-être des réponses dans cet article. Ou peut-être des pistes de réflexion.

Un petit rappel s’impose

Nous vivons en banlieue de la ville de Montréal, au Quebec. L’une des 10 provinces du Canada. Ce serait injuste de résumer le Canada entier à une province, ou une ville… On n’aurait pas non plus l’idée de résumer la vie en Europe à celle de la France uniquement. De plus, notre recul sur le pays est de « seulement » 2 ans.
C’est important de prendre cette hauteur. Se mettre à l’échelle de la vie mais aussi celle du pays, pour bien comprendre le périmètre de mon point de vue sur la question : la vie est-elle si belle au Canada ?

Une question de perception

Comme beaucoup de choses dans la vie, rien n’est blanc ou noir. Est-ce que c’est bien ou pas le Canada ? Il y a autant de nuances possibles que d’êtres humains sur terre pour répondre à cette question. Ce sera bien pour certains, moins bien pour d’autres. Pour des raisons différentes. Chacun doit créer son expérience pour bâtir sa propre opinion.

Le vécu, un facteur déterminant

Tout ce que tu as vécu auparavant va influencer l’opinion que tu vas te faire d’un pays.
Ton rapport à la famille va être ébranlé, ton rapport aux autres, aux cultures du monde.
Ton rapport au monde du travail, à l’argent, à l’amitié, à la nature, et j’en passe.
C’est un bouleversement que tu es prêt à vivre, ou non. Une seule solution pour le savoir : sauter le pas !

Parfois, c’est une évidence.
– Ça fonctionne, même si c’est pas toujours facile, ça match !
Au fond de toi, tu sens que ta place est ici. Même si tu la construis chaque jour un peu plus.
La législation, la mentalité, le code de la route, le sytème scolaire, de santé, les taxes etc… Tout est différent et même si beaucoup parleront Français (au Québec), crois-moi, ce n’est pas ton langage.
Et puis tu dois trouver le moyen de combler les sorties, les moments avec ceux qui te sont le plus cher et qui ne font plus partie de ton quotidien.
Mais malgré tout, c’est ici que tu veux être.

– À l’inverse, quand ça veut pas, ça veut pas. Tu sais, ce feeling que tu as au plus profond de toi. Parfois irrationnel. Celui qui te dit que ta place ne sera pas ici. Celui qui te confisque les clés de ton intégration :
L’envie, la curiosité, l’ouverture à toutes possibilités. Et donc, la force de faire d’importants compromis.
Aussi beau que le Canada puisse être !
Peut-être un job qui ne te plait pas pour commencer, un logement que tu aurais voulu mieux choisir, être capable de patienter une année ou plus avant de construire une routine qui te convienne, supporter la distance, oublier tes certitudes, ton confort.

Évidence ou non, tu sauras ce que tu veux et où tu veux être.
C’est la meilleure des expériences. Celle qui va participer à ton accomplissement personnel et faire grandir ton esprit. Un pas de plus vers ton bonheur et la connaissance de soi.

La clé de l’ouverture d’esprit

L’état d’esprit avec lequel tu démarres ton intégration va influencer toutes tes expériences quotidiennes et surtout la perception que tu en auras. Selon cet état d’esprit, façonné par l’être humain que tu es, tu seras frustré, blessé par certaines situations. Tout comme tu pourras te réjouir ou être fasciné par d’autres. 

Car on récoltes ce que l’on sème.
Si tu te fermes aux autres, il se ferment à toi en retour. Tu vas cerner des signaux « négatifs » et te fermer encore un peu plus. Et ainsi de suite.
Si au fond de ton coeur, tu ne veux pas être ici, tu vas subir tous les choix que tu feras mais aussi ton environnement et toutes les opportunités qui s’offrent à toi. Tu les accueilleras avec méfiance, les jugeras de ne « pas être faites pour toi ». Car tu veux juste être ailleurs.

Bref, ça passe ou ça casse. Et parfois, il suffit simplement de poser un pied sur cette nouvelle terre pour le savoir.
Que ce soit au Canada, ou ailleurs…

Mais dans les faits, c’est bien le Canada ?

Car je veux quand même répondre à la question initiale de l’article.
SELON MOI, la vie est belle ici. Elle est pas parfaite, parfois très dure, mais elle est belle.
Parce que les valeurs et les mentalités me correspondent.
Parce que le monde du travail me convient mieux.
Parce qu’ici on me fait confiance.
Parce que nos emplois sont en pleine croissance.
Parce qu’on a une qualité de vie nettement supérieure.
Parce que notre vie de famille à le droit d’exister.
Parce j’aime la culture Québécoise et les Québecois.
Parce que j’aime l’ambiance Nord-Américaine.
Parce que j’aime la nature qui m’entoure.
Parce que je peux y devenir qui je veux.
(tu vois, c’est très personnel).

Le Canada, le Québec, ils ont en ont des défauts !
Parce que c’est la vraie vie, pas un eldorado. Mais ce qu’ils m’apportent me permet d’accepter les mauvais côtés :
Oublier le confort de notre système de santé Français.
L’hiver à rallonge qui te plombe le moral. L’absence des proches.
Comme partout, des injustices, du racisme.
Des taxes à rallonge, des frais d’immigration colossaux.
Mais tellement de bienveillance et de valeurs clés pour s’épanouir.

Le plus important :

Je veux te ramener à l’humain que tu es et aux choses qui composent ton bonheur personnel.
Peu importe où tu es dans le monde. Peu importe l’environnement ou la qualité de vie que tu rencontres.
Si les composants de ton épanouissement ne sont pas réunis, ça ne fonctionnera pas.
Les grands espaces, la vie Nord-Américaine… ça peut faire rêver. Ça me fait encore rêver !
Mais ça peut ne pas être suffisant. C’est la personne que tu es qui doit trouver son bonheur.
Et on ne peut pas tricher.

Prends le temps. Définis ce qui est le plus important à tes yeux et fais les choix qui te permettront de l’intégrer à ta vie. Peu importe ce que c’est, car l’endroit où tu te trouves ne sera que le papier cadeau de ta vie.
À l’intérieur : ton être tout entier. Et lui aussi doit briller !

C’est pour quand le petit deuxième ?

Tu la vois la grande question ?
Après le mariage on te titille pour savoir quand est-ce que tu feras un bébé.
C’est cliché, mais c’est encore le schema de notre société.
(et pardon si moi même je t’ai niaisé avec ça un jour…)
Je ne savais pas que ce serait la même chose pour un deuxième… je me suis trouvée naïve.

J’ai souvent pensé : « ça s’arrête jamais ».
Après un deuxième, trouveraient-ils encore un but à atteindre ? Faites allusion à un troisième et je m’étouffe !!
Je me suis même demandée si toutes ces personnes avaient vraiment eu des enfants un jour, pour inciter les autres à en faire. « On a peut-être pas vécu la même chose… Ils ont sûrement oublié… »
Et puis, c’est toujours plus excitant de suggérer à l’autre de faire un enfant quand tu sais que c’est pas toi qui va t’en occuper.

Des questionnements

Oui, je me questionne.
Peut-être parce que mon premier va sur ses 3 ans.
Et que dans le monde des bisounours, j’aurais trouvé ça merveilleux de lui offrir un frère ou une soeur.
Et d’être finalement « au complet », tous les quatre.
Le quotidien, la réalité, c’est autre chose. J’y reviens ensuite.

Pourquoi je me questionne ?
Parce que c’est sensé être « la suite logique ».
Sauf que j’ai la sensation de ne pas être dans le moule en ne faisant pas ce deuxième enfant.
J’ai l’impression que depuis déjà un an je dois me justifier sur le fait qu’il n’y ait pas de deuxième en route.
Hé boy… mon petit est tout juste propre depuis 1 mois !
Tu sais ce qu’on te dit à ce moment là ? Fais-vite le deuxième avant de t’habituer à trop de confort !
Est-on sérieux ??
Cette « pression », elle provoque des questionnements dont je me passerais bien.


Des sacrifices, jusqu’où ?

Je ne vais rien t’apprendre.
Ton enfant, même en prenant soin de ne pas t’oublier, il passera toujours avant toi.
Ses besoins avant les tiens.
Un pipi urgent quand tu commençais une conversation intéressante.
Un cauchemar quand tu commences la première page de ton livre.
Bref, des interruptions, des besoins, sans cesse.
Est-ce que je suis prête à « en remettre une couche » ? Vraiment pas sûre.

Au delà de ça, je n’ai peut-être pas envie de revivre les RDV gynécologiques, revoir mon corps se transformer, passer des nuits chaotiques à se lever, pousser et plier la poussette, changer des couches.
Et puis, en ballotter un par le bras en guidant l’autre par la voix.
Pour finalement entendre : « ça va ? t’as pas l’air au top ! ». Humm, comment te dire…

Quand t’as à peine le temps de penser à toi, tu dois réussir à trouver du temps pour ton couple mais aussi pour ton cercle social. Mais pas que ! Pas que du temps !
Ce qui est dur pour moi, c’est de rester disponible psychologiquement et mentalement pour les autres.
Quand j’ai cumulé trop de tensions, qu’au fond de moi j’suis frustrée parce que j’aurais voulu prendre mon café 5 minutes ce matin en pensant à rien, ou que je regrette une dispute inutile avec mon conjoint à cause d’un doudou perdu, j’ai du mal à me présenter enjouée et apte à discuter de la pluie et du beau temps avec les autres !
C’est un effort supplémentaire pour moi, et j’y arrive pas. Voilà c’est dit !

T’inquiètes pas, je vais bien, hein ! Mais je viens de traverser le « Terrible Two » 🙂


Un choix crucial

Si l’on ne fait pas d’autre enfant, j’ai le sentiment que la vie sera plus légère.
Que passées les trois premières années, la gestion familiale devient légèrement plus facile au quotidien.
Même si je crains inévitablement les prochains défis que notre fils nous réserve…
On arrive parfois à avoir un semblant de temps pour soi, à l’occasion.

Notre fils est aujourd’hui passionné, rieur, sensible, merveilleux (oui je sais, ce n’est que sa mère objective qui parle).
On peut voyager de plus en plus avec lui, on lui fait découvrir des cultures différentes, un cadre de vie privilégié. Les discussions sont de plus en plus intéressantes, sa soif d’apprendre grandit et notre lien affectif également.
Un deuxième enfant nous réserverait certainement de très belles surprises et de merveilleux moments à quatre.
Mais permettez-nous d’en douter, et de penser AUSSI à la fatigue et aux nouvelles « contraintes » que ça apporterait dans notre quotidien.

Oui, je veux une famille, mais pas en sacrifiant mon couple.
Je veux des enfants, mais en pouvant leur apporter tout le confort nécessaire.
J’aspire parfois à deux enfants, mais pas si on doit être en difficulté.
T’as compris, je veux le beurre, l’argent du beurre et la crémière !
Ça n’existe pas !

Qu’est-ce que tu fais dans ce cas là ?
Tu fais un choix… Est-ce que l’AMOUR est plus fort que tout et passe au dessus de toutes les difficultés ?
Est-ce que tu choisis l’amour, peu importe le prix à payer.
Est-ce que tu choisis le lien familial, la richesse de la fratrie, au détriment de ton petit quotidien fatiguant, par ce que c’est ça le plus important ?
Hahaaaa !

Un choix personnel

Je ne cherche pas de réponse. Parce que la réponse c’est mon conjoint et moi qui allons la trouver un jour, par rapport à notre vécu et nos envies. Peut-être qu’on sera simplement prêts à remonter nos manches et qu’on aura le goût d’affronter d’autres défis. Et agrandir encore nos coeurs. Ou pas.
Les témoignages pourraient être nombreux :
Certaines diront que 2 enfants c’est génial, d’autres que c’est très dur au début, d’autres que ça n’est qu’une question d’organisation, d’autres qui vont prôner l’enfant unique.
Bref. C’est tellement propre à chacun.


Mon ressenti aujourd’hui

Avoir un deuxième enfant, je pense que ce serait à la fois genial et très dur.
Ça résume bien ce que c’est qu’être parents finalement.
J’imagine que ce serait deux fois plus d’amour mais aussi deux fois plus de difficultés.
Et c’est le quotidien de millions de familles.

Parfois, je vis mal ces questionnements.
Parce qu’il y a ce que dit mon coeur. Ce que dit mon ventre.
Cette envie viscérale, qui persiste, coûte que coûte !
Celle dictée par l’amour, irrationnel.
Et puis, la raison prend la parole.
Je veux élever mon fils comme il faut et lui apporter tout ce dont il a besoin.
Je ne veux pas louper des choses parce que j’aurais été trop piétinée pour avoir la volonté et l’énergie de l’accompagner dans certains apprentissages, certains défis de sa vie. Il n’a pas besoin d’une mère au bout du rouleau.

Et puis, il y a les problématiques environnementales actuelles.
On veut le meilleur pour ses enfants et je ne suis pas sûre que le meilleur reste à venir de ce point de vue là !
Ça me terrifie et je fais partie des pessimistes à ce sujet.

Pour terminer, je dirais qu’un deuxième enfant mérite un minimum de questionnement en amont.
Et je pense que pour de nombreuses femmes, c’est un dilemme entre le coeur et la raison…
Je me trompe ? 😉

Big up à toutes les mamans de cette terre.
Seules, fortes, fatiguées, radieuses, courageuses, impatientes, imparfaites, extraordinaires.
Qu’elles soient mères de 1, 2, 3 enfants ou plus ! Parce que ça les regarde.

Le retour annuel au pays

Le voilà, la moment ou tu retournes au pays.
Après une année entière, il est temps de retrouver les proches et son pays natal. 
C’est excitant, les retrouvailles avec les personnes que tu aimes !  Et angoissant aussi.
Comment ce sera ? Les choses auront-elles changées ?
Retourner en France pour les “vacances” (ce n’est définitivement pas le bon mot) est INTENSE.
L’amour et le bonheur que tu ressens sont immenses.
On a vécu des moments qui resteront gravés à jamais dans mon petit coeur.
Même si la fatigue et la frustration font parti du voyage.

Maître de l’organisation, tu seras

Rentrer en France voir sa famille est avant tout un plaisir,
et quelque chose que tu prépares plusieurs semaines à l’avance.
Mais c’est aussi y laisser ses économies, poser les congés que t’as pas eu le temps de cumuler, essayer de trouver des créneaux avec tout le monde, tout en optimisant la logistique de tes déplacements avec tes trois énormes valises.

C’est essayer de squatter chez les différents parents à parts égales, réussir à voir ses amis aussi, plus d’1h s’il vous plaît.
C’est gérer son décalage horaire et veiller à ce que ton enfant suive le rythme que toi même tu peines à suivre.
Sans oublier de lui expliquer pourquoi il a un lit différent tous les deux jours.
C’est apprécier la vie en communauté H24 quand t’as pris l’habitude de vivre “seul”.
Avec plusieurs générations sous le même toit.
C’est faire un croix sur la spontanéité, organisation oblige !

Bref, le retour au pays ne rime simplement pas avec vacances. C’est un vrai marathon.
Le secret : “Lâcher du lest, s’adapter et avoir du fun !”.
Et finalement, ça fait du bien aussi d’oublier ses petites habitudes !

C’est le genre de vacances qui nous attend maintenant tous les ans.
Ça fait parti de nos choix. On compte bien y retourner cette année !
Bon, je rêve quand même de vraies vacances. Celles avec un cocktail à la main et les pieds dans le sable ! #plusdecongés.

Tes émotions, tu géreras

Tu vis des vagues d’amour qui libèrent tout ce que t’as cumulé au fond de toi en une année.
T’as beau faire de ton mieux, ta pu voir tes parents que 2, 3 jours sur le séjour.
Et t’as pas pu finir ta conversation avec ta meilleure amie. T’as vu tout le monde, UN PEU.
T’es frustré parce que t’as pas assez vu tes proches. T’es frustré de les décevoir. Pire, tu culpabilises.
Et t’as beau te plier en 10, les journées durent 24h et il faut bien que tu dormes. (ou pas. #jetlag).
T’es contrarié aussi. Parce certains n’arrivent pas à prendre leur voiture 5 minutes pour venir te rejoindre.
Parce que t’as déjà fait 7000km et que se plier en 40 ça devient très compliqué.

Tu vas devoir accepter de faire des choix.
Quand t’as qu’une seule possibilité pour voir ton frère ou ta soeur, tu ne te permets pas de la louper ! Tu n’as pas le choix que de décliner d’autres personnes. Et encaisser le reproche sans broncher.
« tu n’as même pas une soirée à m’accorder ? ».
Impuissant face à cette organisation impossible, tu te rends à l’évidence : la réponse à cette question est non.
La culpabilité à cet instant pourrait bien avoir raison de moi. Et je vais devoir y travailler pour les prochaines fois.

Un léger décalage, tu sentiras

T’aurais beau faire un exposé sur ta vie dans ce pays lointain, le constat serait le même :
à l’exception de ceux qui t’ont rendu visite, c’est juste bien trop flou pour eux.
Vos mondes ne sont pas les mêmes. Et l’inconnu impossible à visualiser.
On te pose parfois des questions, mais les sujets sont très rapides et survolés.
Au final, c’est correct !  Le but c’est de passer du temps ensemble.
Et quel bonheur de voir que tout recommence comme si on n’était jamais parti !


T’attends pas à des discussions profondes proches d’une séance de psy sur ce que tu vis.
T’es rentré au pays, tu prends le fil de leur vie, dans le pays que vous avez en commun. Comme si rien n’avait changé.
À toi de basculer en mode FRANCE et d’oublier ta vie actuelle.
Oui, ça demande une petite gymnastique ! L’art d’avoir 2 vies et je dirais même 2 personnalités.
Plus le temps passe, plus c’est clair comme l’eau de roche. 

C’est là l’importance de ton nouvel entourage. Ces personnes qui vivent dans ton monde.
Et encore mieux, celles qui vivent la même chose que toi. Les seules qui comprennent et partagent ton présent.
Le temps me confirme une chose : la nouvelle vie qu’on s’est bâtie elle est pour nous et nous seuls.
On ne pourra jamais la partager avec nos proches. En tout cas, jamais autant qu’on le voudrait.
Logique, mais j’en prend conscience. Notre vie restera un flou pour eux.

Le plein d’amour, tu feras

Intense. Voilà le mot que je retiens pour qualifier notre retour en France. Intense pour toutes les raisons énoncées.
Alors oui, on a attendu ces vacances pendant près d’un an et on rentre tout sauf reposés.
Mais enlacer ses parents, renouer avec ceux qui comptent vraiment, ça n’a pas de prix.
C’est éreintant, bien trop intense pour moi ces retours. Mais c’est nécessaire. 

Ces retours, même s’il rappellent la difficulté d’être loin de ses proches, permettent de nous conforter dans nos choix.
De se rappeler que nous faisons les bons choix pour notre famille, nos vies professionnelles, notre qualité de vie.
Je me sens sur un terrain d’opportunités et la vie à tant à nous offrir.
Il y a des moments durs, mais tant d’autres où je m’extasie devant tout ce qui nous entoure.
Devant tout ce qu’on arrive à créer ici.
Je me sens à ma place. Et c’est la plus belle chose qui puisse m’arriver.

10 raisons d’aimer l’automne au Québec

Nous sommes en plein coeur de l’automne… Comme le veut la tradition, les couleurs, les repas chauds et les odeurs de croustade aux pommes s’installent au fil des semaines !
Pourquoi on aime tant l’automne ? Voici 10 bonnes raisons de l’aimer toi aussi !

Les couleurs

C’est définitivement ce qu’il y a de plus beau au Québec en automne.
Pas besoin de partir en rando hors de la ville (je vous le conseille quand même, venez-voir Mont-Tremblant en Automne ici !) pour admirer les couleurs. Elles sont là, devant chez vous, en bas du travail, au coin de la rue, en sortant de l’épicerie. Vous avez déjà vu une fille distraite qui marche le regard en l’air sans voir où elle met les pieds ? C’est moi pendant l’automne. Je suis fascinée.
Ces photos valent bien plus que des mots….

Halloween et ses citrouilles

J’ai toujours aimé Halloween et au Québec on joue le jeu à fond!
Les décorations débordent des magasins, s’installent devant les maisons et pour la deuxième année nous devrons nous déguiser pour aller à la job le jour d’Halloween.
Ce que j’aime ici c’est que les fêtes prennent une certaine importance. Elles rythment l’année et dynamisent la vie quotidienne. Nous savons que dès le 1er novembre, les plus fous remplaceront déjà leurs citrouilles pour installer les squelettes de leur sapins et bonhomme de neige extérieurs en vue du mois de décembre. Car ça représente pas mal d’heures d’installation !
En image, des décoration « mignonnes » mais aussi complètement glauques…


La cueillette des pommes

Activité incontournable que nous faisons par la deuxième fois, la cueillette de pommes dans un verger.
C’est comme une tradition ! C’est ce que font de nombreux Québecois pendant les weekends de septembre/octobre.
Un petit tour en tracteur nous amène rejoindre les plantations pour la cueillette, les enfants jouent et rencontrent les animaux de la ferme. On peut même déguster un petit cidre local avant de partir.
Une belle activité et encore une occasion de voir les fameuses couleurs !
Cette année nous sommes allés du côté du Mont Saint-Hilaire, magnifique en automne !
Suivez-nous ici pour une bonne cueillette.

L’action de grâce

L’action de Grâce, ou le Canadian Thanksgiving.
En bons Français, on ressent fortement l’ambiance Américaine de cette fête. Même si l’action de Grâce est propre au Canada et se passe un peu plus tôt que le Thankgiving des États Unis.
Grosso-modo, la définition c’est : “le jour où l’on rend grâce à Dieu Tout-Puissant pour les récoltes abondantes de l’année”. Plutôt logique au vu de l’hiver qui s’en vient ! 😉

On a donc profité de ce long weekend pour se réunir et déguster un bon plat traditionnel !
Par exemple : potage à la citrouille ou aux champignons, la fameuse dinde rôtie, la purée de patates douces, la sauce aux canneberges et les légumes rôtis au four. En dessert, on voit souvent des tartelettes au beurre, du crumble aux pommes ou de la tarte à la citrouille.
Un weekend très chaleureux avec les amis, notre famille Québécoise.

Le Hockey

À Montréal, l’automne est synonyme du début de la saison de hockey ! 
L’an dernier nous avons assisté à nos premiers match au Centre Bell pour soutenir l’équipe des Canadiens.
Cette année on semble définitivement prendre goût à ce sport ! On se surprend à regarder les matchs avec un bon plateau télé… chose qui n’a jamais fait partie de nos habitudes auparavant.
Le Hockey, on aime !

Le climat

L’automne, c’est la saison parfaite !
On n’est pas encore obligés de porter nos manteaux d’hiver et le seul obstacle sous nos pieds reste des feuilles mortes. (Mieux qu’une patinoire géante !). On ne souffre pas non plus d’un 36 degrés très humide, et un ressenti écrasant de 43 degrés ! Bref, en automne on a ni trop chaud, ni trop froid. Et en plus les arbres brillent de milles feux !
Majoritairement, on a de magnifiques journées ensoleillées mais la pluie fait aussi son apparition avec de grosses tempêtes automnales : pluie et vents forts du matin au soir. Heureusement, ces journées restent occasionnelles !

Le Jardin botanique

Comme à chaque saison, Montréal a son lot d’activités extérieures.
Chaque année le « Jardin des Lumières » s’installe au Jardin Botanique de la ville.
Un joli parcours pour le plaisir des yeux. Pour en voir plus, je montrais toutes les photos dans cet article l’année passée. C’est sûr qu’on irait pas tous les ans… mais c’est le genre de chose qu’on peut voir en ce moment.

Les vignobles

L’automne dernier nous avons fait la tournée des vignobles sur La Route des Vins de Bromont dans les Cantons de l’Est. Balade gustative qui permet de voir à nouveau les couleurs de l’automne hors de la ville !
Pour découvrir notre journée, c’est par ici ! 😉

Les gourmandises locales

Qui dit changement de saison dit, nouveautés dans l’assiette !
Après la chaleur de l’été (même si j’ai trouvé l’été « frais » par rapport à l’année passée !) , quel bonheur de retrouver les soupes chaudes à la courge et les épices de saison : cannelle, muscade, gingembre…
La fameuse croustade au pommes, les lattés épicés de Tim Hortons ou Starbucks, le carrot cake aux noix et graines… Miam !

Les moments en famille

Et bien sûr, l’automne amène son lot d’activités comme le ramassage des feuilles dans le jardin, pour le plus grand bonheur de notre petit Harry !
Décoration de citrouilles, activités manuelles avec les feuilles, installation des décoration d’Halloween, atelier soupe en cuisine… de belles idées pour occuper les dimanches après-midi !

Voilà tout ce qui me réjouit en ce moment ! Et on en profite avant l’arrivée de l’hiver, le vrai.
Lui aussi avec son lot d’activités et ses particularités =D

Peut-être que cet article vous donnera le goût de nous rendre visite l’automne prochain, qui sait ! 😉

Maudits-Pancakes.

Confessions de maman

C’est peut-être l’article le plus personnel que je n’ai jamais écrit. Les défis quotidiens de la parentalité.
L’énergie déployée pour rester sur pied. Et ces moments de doutes où on se sent littéralement face au mur.
Je sais que mon récit parlera peut-être à certains d’entre vous. Et ça peut faire du bien de ne pas se sentir seul.

Ce cadeau de la vie 

C’est indéniable. Avoir un enfant est un don du ciel.
Une partie de soi. Inconditionnelle. Charnelle.
C’est une chance, à laquelle nous ne pouvons pas tous prétendre. Je ne l’oublie jamais. 

Mais. Dans le tourbillon de la vie, on mène un combat.
Pour sécher les larmes, désamorcer les frustrations, panser les plaies.
Mais aussi encourager, guider, divertir, amuser.
Sans succomber à la fatigue. Rester disponible. Répondre à cette dépendance folle !

Accueillir les vagues émotionnelles de son enfant. Qui deviennent ouragans. 
Des détresses, des frustrations, des incompréhensions. Un trop plein qui te jette cris et larmes à la figure. 
Tu les accueilles. Puis, une faiblesse, et ils finissent par t’envahir et se mêler à ton propre bagage. Tu succombes.
Voilà toute l’intensité d’un petit être de deux ans.
Un esprit indépendant, revendicateur. Frustré par son corps de « bébé » et ses aptitudes qu’il sent trop frêles.

Malgré tout, le plus beau rôle de ma vie.

La vie t’apprend que ce sont des « phases ». Beaucoup de moments sont « isolés ». Mais certains perdurent.
À t’en faire oublier le sens et l’ordre des choses.
Parent, t’es-tu déjà demandé « pourquoi on a fait ça ? » ou « comment en suis-je arrivé là? » 
Un enfant c’est merveilleux et ça renforce un amour existant pour le dupliquer !  
Mais disons-le enfin. C’est terriblement dur ! 
« N’étais-je finalement pas prête ?, « Pas faite pour ça ? ». 

Désarmée face aux mots de mes pensées. Désarmée de ne plus cerner le sens des instants joyeux. 
Quand un cri strident, une provocation, une cuillère de purée qui valse, une chute, te rappelle à l’ordre. 
Oui. C’est ça avoir des enfants. 
Suis-je alors devenue cette mère excédée et démunie de patience ? 
C’est arrivé. Et ça arrivera encore.

Le recul nécessaire 

Le recul, la patience. Les meilleures armes. 
Mon enfant teste les limites. Mais je sens que je doit changer quelque chose. 
Je n’aime pas ma façon d’être. De réagir.
Je me libère de mon rôle pour mieux le reprendre. Mets un peu d’air dans tout ça.
L’espoir m’habite. Ma patience me surprends. 
Moins de cris. Des échanges que je déguste.
Mon petit aurait-il retrouvé sa maman ? Je crois que oui.

Il y aura encore des crises.
Je n’arriverai pas toujours à les aborder de la bonne façon.
Car je suis Maman. Mais je suis Humaine.
Femme. Danseuse. Amoureuse. Et tellement d’autres choses.
Ces difficultés me seraient-elles parues si insurmontables si nous étions restés en France ?
Être mère est universel et dépasse les frontières. Mais loin des siens on ne peut compter que sur soi-même. 
J’ai retrouvé confiance. En moi et en ce que je t’inculque, mon fils.

La distance, mon ennemi

Être seule et loin avec un enfant en bas âge, c’est compliqué.
C’est ne pouvoir compter que sur soi ou son conjoint une fois qu’il est rentré.
Je suis heureuse d’avoir enfin du temps avec mon enfant.
Même si c’est aussi un temps pour jongler, gérer les soucis, se faire malmener.
Un temps de grands bonheurs, et beaucoup de solitude aussi.

J’essaie de trouver ma place dans tout ça. Mon épanouissement.
Ne pas rester dans l’attente du conjoint qui rentre.
Vivre pour moi, aussi. Même si ça représente un effort supplémentaire d’organisation.
Je ne peux pas rendre visite aux personnes que je voudrais, me vider l’esprit au téléphone ou me satisfaire de vivre sur le même fuseau horaire que les personnes auxquelles je pense.
J’apprends à vivre autrement. Me construire différemment.
Et je pense être en bonne voie !
J’apprivoise ce sentiment de solitude et je parviens à m’épanouir de moments simples, du bonheur de vivre dans un environnement qui me semble privilégié.

À mon fils

Toi. À qui on demande tant. Tu fais de ton mieux. 
Toi aussi tu te bats contre la fatigue. Les longues journées en garderie. Les sollicitations. 
Toi aussi tu veux simplement « être ». Tu découvres le monde.
Tu me mets à l’épreuve. Teste les limites. Me fais réagir. Tu te joues de moi, de nous.
Et tu as bien raison… Tu te construis. Tu le fais merveilleusement bien. 
Tu as une force de caractère. Et la folie de ta mère. Notre complicité. 
Tant d’aventures pour notre vie de famille.
Une adaptation non sans difficultés. Mais remarquable. 
Mon fils tout terrain. Je sais que ce sera une force pour toi dans la vie. 
Je ne sais ô combien de défis nous attendent encore. Ce qui est sûr c’est qu’on les vivra ensemble. 
Car on grandit avec toi. 

Le mot de la fin

Mon histoire c’est l’histoire de tout le monde.
Y’a des moment où on en a marre ! On rêve de légèreté !

Être maman c’est se sentir confiante, invincible ! Et ressentir une détresse physique et mentale le lendemain.
C’est avoir envie de tout abandonner. Être dans l’échec et finalement être fière de ses exploits.
J’aime me dire que je ne suis pas la seule. Accepter les périodes difficiles est un vrai défit, surtout quand on en sort pas ! Alors célébrons au maximum les moments joyeux. Vivons-les en pleine conscience !
N’oublions jamais que la vie est belle !

Allons-nous rentrer en France ?

Les éternelles questions : « vous allez rester là-bas ? », « vous pensez rentrer en France ? ».
Celles qu’on nous pose sans cesse et qui nous mettent toujours dans l’embarras.
La réponse est : on ne sait pas !
« Pi tsé », il est probable que dans 2 ans la réponse soit toujours la même…

Comment savoir ?

On ne sait pas car le chemin de l’expatrié est long.
Et qu’apprendre à vivre dans un nouveau pays prend plusieurs années.

Nous sommes là depuis un peu plus d’un an, soit depuis hier à l’échelle de la vie.
On apprend à vivre différemment. Et c’est en quittant un environnement connu depuis l’enfance, des racines et repères faisant parti de nous, qu’on se rend compte à quel point ils étaient un véritable (ré)confort de vie.
Ici, on vit sans filet. On a fait le grand saut mais on avance tel un funambule, un pas après l’autre.
À certains moments, on m’a demandé s’il ne fallait pas mieux rentrer.
Mais on a pas tout abandonné pour faire demi-tour aux premières difficultés.
Les coups de blues, il y  en a et il y en aura encore. Et il y a aussi beaucoup de bonheur 🙂

C’est une adaptation de tous les jours et la découverte d’une nouvelle vie, même après un (deux ou trois ?) an(s). 

Pourquoi demander la résidence permanente ?

Il y a quelques jours, après beaucoup de travail administratif, nous avons lancé notre demande de résidence permanente. Voici pourquoi nous avons entamer cette démarche :

1- Parce qu’on est bien. On a la chance de vivre dans un pays que nous avons choisi et qui nous offre les ingrédients qui composent la recette de notre bonheur.
On a perdu le confort de nos racines mais on a gagné le confort d’une vie choisie, une vie plus douce, en adéquation avec nous-même.
Et c’est ça la clé. La clé de l’ÉQUILIBRE dont je parle souvent.
Ces choses qui compensent les moins agréables.
Le jour où la balance ne sera plus à notre avantage, on se posera des questions.

2- Une vision à long terme. Comme je le disais plus haut, refaire sa vie « de zéro » prend du temps. On ne s’est pas imposé des changements si importants pour rester « seulement » 2 ans. Des changements et des bouleversements ayant un impact non négligeable sur nos façons d’être et sur notre famille. C’est en tout cas comme ça que nous voyons les choses.
On veut prendre le temps de s’intégrer et de s’imprégner pleinement de ce pays !
On veille aussi à l’équilibre de notre petit garçon qui essuie encore quelques plâtres. À l’équilibre de notre famille aussi.
Si nous devions rentrer en France, c’est important d’avoir conscience que ce serait un chamboulement tout aussi important que notre départ. Et que ça se prépare sérieusement.
On ne défait/refait pas sa vie en un claquement de doigts, sans aucune conséquence.

3- Pour la stabilité. Notre vision étant sur le long terme (c’est peut-être la meilleure réponse qu’on puisse formuler), on doit forcément s’inquiéter de la validité de nos visas. L’idée n’est pas d’enchaîner tant bien que mal les visas temporaires et stresser tous les ans pour essayer de les renouveler.
Aussi, les démarches sont longues. Notre demande de résidence permanente va sûrement prendre un peu plus de deux ans, alors il était préférable de lancer les démarches le plus tôt possible. Passer d’un statut temporaire à permanent sera plus confortable.

Tous ces points font écho à l’achat récent de notre maison. Un projet qui nous apporte du confort et qui nous aide à nous sentir « chez nous » dans ce pays d’adoption. C’est pas la même sensation de « chez nous » qu’en France. C’est notre « chez nous » d’ici, sans passé, sans racines. On l’apprivoise. Et surtout, on le construit !

Cette part d’inconnu

Pour terminer, je trouve important de se rappeler qu’on ne sait pas de quoi demain est fait.
Des événements en tout genre peuvent survenir et changer le cours des choses, bouleverser les plans de chacun.
Une vérité qui va bien au delà du sujet de l’expatriation et touche chacun de nous.

J’aime vivre dans le présent et ne pas trop perdre de temps sur un futur inconnu.
Les choses ne sont jamais figées dans le temps, elles évoluent constamment. Alors on se concentre sur le présent, surtout dans ce contexte où nous testons une autre vie et que rien n’est gagné.
Et comme notre quotidien n’a jamais été si doux, on le savoure ! À chaque seconde.
Au moment où je vous parle, on ne peut pas envisager de rentrer et perdre la qualité/le niveau de vie que nous avons trouvé. La descente serait bien trop dure.
Alors, on avance… 😉

To be continued…
Maudits-Pancakes.