L’expatriation est un voyage à travers les frontières physiques mais aussi spirituelles, à la rencontre de soi.
Et plus j’avance, plus je le comprends.

Waw… Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas écrit ici ! On sait tous que la récente période n’a pas été des plus simples 😉
Je suis vraiment heureuse de ressortir ma plume aujourd’hui. Et à vrai dire, je me sens différente depuis mes derniers écrits ! Vous savez comme j’aime aborder des choses profondes et sincères ici.
Une fois n’est pas coutume, je me livre à vous, pour quelques pages de vie.


Introduction

L’isolement des derniers mois (je pourrais presque dire des dernières années), m’a confrontée plus durement au challenge de vivre loin des miens mais il m’a aussi apporté beaucoup de chose :
– Je pense que notre famille est plus soudée que jamais. Même si des fois on aurait bien envie de « se foutre la paix » (toi même tu sais), je nous sens très unis et j’apprécie notre belle cohésion. J’aime nos mots doux à la volée, la bienveillance, notre cocon.
Sans oublier cette conscience discrète de nos choix en tout temps, celle qui nous donne un élan différent.
Celle qui nous donne l’air de « trois mousquetaires ». Seuls, mais toujours ensembles dans nos aventures.

– Cet isolement a aussi accéléré certains processus chez moi. Très souvent, c’est désagréable, mais après tout, c’est pour le meilleur. Le fait est que je n’ai jamais vraiment pu m’accepter. Aujourd’hui, je n’ai plus le choix que d’apprendre à me connaitre, réellement. J’ai compris que je loupais une étape, que je subissais beaucoup de mes émotions, avec tant d’incompréhension.
J’ai toujours tout fait pour être celle que je voulais être. Mais j’ai oublié d’observer et d’écouter.
J’ai oublié de me connaitre : la clé pour finalement être en mesure de m’accepter.

La connaissance/acceptation de soi nous concerne tous.
Je suis certaine que mes mots pourraient résonner chez toi, que tu sois expatrié(e) ou non.

Expatriation et confinement : trouver son bonheur intérieur

Invitations et sorties, anniversaires, repas de famille, crémaillères, « prendre un café »…
Cette petite danse rythmée avec les personnes qu’on aime et qui nous aime, n’est plus.
Elle est remplacée par bien des choses : certaines choses incroyables, d’autres décevantes, mais définitivement des choses différentes. Le temps a laissé un vide à la place du « trop » et j’apprends à vivre avec.

Notre expatriation révèle depuis peu une certaine maturité. L’excitation et la nouveauté se sont estompées, tout est familier. Nous sommes « résidents permanents » et non plus « travailleurs temporaires », nous réalisons nos projets et nous nous intégrons de plus en plus à cette vie Québécoise. Éloignés de ce sentiment d’aventure et d’inconnu lorsque tout commence : lorsque tout est incertain, mais plus que jamais possible.
À présent, l’absence de ces moments familiaux/amicaux privilégiés, me renvoie donc à moi-même. Comme si j’était restée « sur le carreau ». Je comprends qu’au contact de ses proches on se sent plus facilement soi même. Peut-être parce qu’on se sent aimé et rassuré ? Je dois vivre sans et trouver une force encore jamais sollicitée :

La force de me sentir sereine, sans dépendre de personne.
La force d’être et de devenir moi-même, même loin de chez moi.

Expatriation : se connaitre et s’accepter

La débacle des sentiments

Les sentiments expliqués précédemment peuvent être difficiles à vivre, surtout dans le cadre d’une expatriation.
Avez-vous tenté l’expatriation confinée ? Je ne vous les souhaite pas. Et pourtant je sais qu’on est nombreux dans ce cas.

J’ai toujours été une personne plutôt stressée/anxieuse, mais la plupart du temps c’était un moteur.
Ces deux dernière années, trop souvent, je ne me reconnaissais plus. L’impression d’être redevenue une ado, submergée par ses émotions fortes, dans n’importe quelle circonstance. Pour un rien.
Ces « périodes » ne passent pas. Ou reviennent, trop souvent. « il y a vraiment quelque chose qui ne va pas ».
Je suis du genre à vouloir comprendre et prendre le taureau par les cornes : comme lister toute ma vie pour enfin déceler LE truc qui cloche et y remédier.

J’ai agit. J’ai parlé. J’ai consulté. J’ai médité. J’ai soufflé. En vain.

L’acceptation

J’ai aussi renoncé à vouloir comprendre, trop épuisée. « ça y est, je vire à la dépression, c’est ça ?? »
La connaissance de soi est un long (très long) chemin. Si ces mots sortent aujourd’hui, je pense que c’est parce que je COMMENCE à comprendre. J’ai encore quelques pas à faire. Et il y en aura toujours.

J’ai oublié d’écouter mon Moi. M’écouter vraiment et non pas mes sentiments : vifs, en surface, à propos de tout.
Le recul que j’ai à cet instant, j’ai cru qu’il n’arriverait jamais. Et j’aurais pu l’attendre encore longtemps.

Je suis peut-être prête à accepter certaines choses :

– la solitude a été bien plus présente que je ne le pensai et je n’imaginais pas pouvoir en souffrir autant.
Je n’ai rien a ajouté à cette phrase. L’écrire ainsi, sans besoin aucun de me justifier, est libérateur.
– Mon estime personnelle a été méchamment bafouée par le passé et il est grand temps de m’occuper de mes blessures. Déstabiliser son Soi (contenant) fait inévitablement remonter des blessures archaïque (noyau).
– Il est primordial que je me connaisse enfin pour prendre ma place. Apprendre à me sentir sereine et m’accorder le bonheur, sans dépendre de personne.
– J’ai besoin de devenir moi-même et mieux ÊTRE.
– Et par dessus tout j’ai besoin d’Amour. Et je dois être capable de le manifester ou de le répandre quand le besoin s’en fait sentir.

Dans les faits, je vis une expatriation idéale. Dans le fond, je n’aurais jamais cru vivre autant d’épreuves intérieures.
Au bout du compte… quelle chance. Quelle chance de trouver tant de réponses à travers ces obstacles.
Combien de temps encore airais-je tourné autour du pot ? Je ne le saurai jamais.

L’accomplissement de soi et l’épanouissement personnel est tellement beau et important. Je suis reconnaissante de faire des pas de géants pour MOI. Car si je le fais pour moi, je le fais pour les autres. Pour ma famille et mes proches, auprès de qui je veux être disponible et généreuse. Auprès de qui mon amour doit pouvoir se répandre sans obstacles aucuns.

Je tiens à terminer cet article avec ma gratitude et quelques remerciements. Merci :
À nos amis Français, Français expat et Québecois, si vous me lisez, d’égayer nos vies comme vous le faites.
À mon mari, qui me laisse vivre mes chamboulements sans jamais un seul jugement.
À mes parents qui nous ont rendu visite dans ce contexte pandémique et grâce à qui beaucoup de réponses sont finalement venues à moi.
À mon fils, qui grandit et me fait grandir.
À la vie, qui me gâte et m’apprend tant.

Maudits-Pancakes.

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