Je veux te parler de mon histoire. Plus qu’un voyage : un aller sans retour, le grand saut, le projet d’une vie. Le genre de chose pour laquelle il y a un avant et un après. Le genre de chose qui vous transforme.
Mon histoire est celle de notre expatriation au Québec, depuis la France.

Rétrospective

Ce grand départ pour le Québec, c’était le rêve de notre couple, l’espoir d’une vie meilleure et la volonté de créer notre bonheur selon nos envies, nos valeurs et nos besoins.
En 2013, le Canada nous attire, même si on le connaît mal. On décide d’y passer 15 jours pour se faire une idée.
Et déjà dans notre esprit, on prospecte.
Pendant les 5 années suivantes, on essaiera de trouver un emploi Québécois depuis la France : on participe à des salons de recrutement, on crée notre réseau. On a de l’espoir mais aussi des déceptions.
Malgré tout, on avance : on se construit une jolie maison et nous devenons parents.
2018, c’est notre heure. Après 5 ans de recherches tantôt actives, tantôt en pause, c’est finalement lors d’une semaine de décembre que 2 employeurs proposent leur offre à mon conjoint.
6 mois plus tard, avec 3 grosses valises et notre fils de 1 an, on s’envole pour Montréal.
C’est le premier jour du reste de notre vie.

Comment l’expatriation a changé nos vies

Notre vie à changé par bien des aspects : pays, culture, environnement, climat, codes sociaux, coutumes, langage…
Je pourrais t’en dire bien davantage mais tu l’as compris:  l’expatriation c’est un lot de changements et beaucoup d’adaptation. Ça, c’est le côté “pratique” et “visuel” des choses.
Je t’invite à lire mon article Comment l’expatriation a chamboulé nos vies ? si tu veux aller plus loin.

Moi, je veux te parler de l’intérieur :
la remise en question de mes valeurs, mes croyances et ma perception du monde.
Je te parle des changements irrévocables que je vis et qui définissent déjà la personne que je serais demain.  

Challenge, fierté, découverte et bonheur

J’ai évoqué brièvement tous les changements auxquels on peut faire face en intégrant un nouveau pays.
C’est pas toujours facile, mais c’est aussi ce que nous sommes venu chercher : de la nouveauté, du défis, le challenge de se réinventer, tout reconstruire.
Après 2 ans de vie au Québec, aussi “court” que ça puisse être et malgré les passages à vide, c’est incroyablement grisant ! OUI, on l’a fait !

Et quand je regarde en arrière, je me sens fière et reconnaissante de vivre chaque jour de plus ici.
Parce que non seulement on a tout quitté, mais c’est aussi un pari réussi.
Jamais je n’aurais cru en arriver là après 2 ans d’expatriation : un épanouissement familial et professionnel, une intégration réussie, de beaux et grands projets, nos objectifs de vie respectés. 
Ne sachant pas de quoi est fait l’avenir, je n’oublie jamais la chance que nous avons.
Une chance que nous avons construite, pour ne jamais avoir de regrets.

Manque, solitude, questionnements

Il m’arrive parfois d’être frappée par une lucidité soudaine, mêlée de culpabilité.
Tout à coup, mon esprit me remet face à mes choix : j’ai tout quitté ! 
Comment j’ai pu imposer ce choix à tous nos proches, empêcher mes parents de voir leur petit fils, priver mon enfant de liens irremplaçables et extraordinaires. Et tous ces petits cousins et cousines qu’il ne connaît pas vraiment et à côté de qui il aurait pu grandir.
Me voilà tiraillée entre mon pays natal : mes racines, ma famille, mes souvenirs, tout ce qui m’a construit. Et mon pays de d’adoption : celui du champ des possibles, de l’épanouissement et ou nos rêves deviennent réalité.

Voilà une facette de notre expatriation, celle véhiculée par l’éloignement avec la famille.
Car choisir de tout quitter n’est pas une chose facile.
Mais je me rappelle ensuite pourquoi nous sommes ici et la plus belle facette de notre expatriation refait surface.
Une vie meilleure, une société bienveillante et respectueuse, un pays ou on te donne la chance avant de douter de toi et ou on te laisse vivre ta vie sereinement.
Est-ce que ces raisons justifient le fait de quitter les siens ? C’est la question que je préfère éviter de me poser. C’est douloureux, ça me fait me sentir égoïste et finalement je pense que personne n’est légitime pour y répondre et qu’il n’y  pas de réponse universelle.
Tout est une question de choix, incluant des conséquences. À nous de les assumer ensuite.

Soit tu t’accables sur ce sentiment qui t’empêchera d’avancer. Soit tu arrives à passer les vagues.

Maudits-Pancakes.

Alors, en attendant que mon fils devienne assez grand pour me questionner / me reprocher de l’avoir emmené loin de sa famille (et croyez moi qu’à 3 ans, les questions commencent déjà à voir le jour), j’accepte et j’apprivoise ces sentiments parfois douloureux.
Ça sera toujours ainsi dans les moments les plus difficiles. Et ça le sera certainement pour mon fils aussi, qui réalise chaque jour un peu plus que sommes loins des nôtres. Mais on ne cessera jamais d’en parler pour éviter que l’un de nous ne souffre en silence. Et on sera toujours plus armés pour passer ces passages à vide.


Ce grand voyage, qui pour moi n’en est pas un, mais plutôt notre nouvelle vie, me fait considérer autrement tous mes acquis. Mes croyances, mon rapport à la famille, mes priorités, ma vision du monde et de ma culture natale… Tout a changé.
Tout a changé mais je ne me suis jamais autant sentie moi même.


L’expatriation est une multitude de remises en question mais aussi le plus beau voyage vers la connaissance de soi. 

Maudits-pancakes


Futur expat ? 

Tu pense à t’expatrier ? Tu rêves de nouvelles aventures et tu préfères tenter ta chance pour ne jamais avoir de regrets ? Tu as raison ! Et si ça ne fonctionne pas, alors tu seras le plus heureux de savoir que ta place est dans ton pays natal. Tu auras la fierté de l’avoir fait !
Si ça fonctionne, ça va être la meilleure expérience de ta vie ! Mais des regrets il y en a toujours. Car une fois dans ton pays d’adoption, tu n’as pas le regret de ne pas l’avoir fait, mais dans bien des cas, tu regretteras de ne pas avoir été là à certains moments, de ne pas avoir été présent pour les personnes qui comptent le plus pour toi.

Et c’est comme ça. Soit tu t’accables sur ce sentiment qui t’empêchera d’avancer. Soit tu arrives à passer les vagues.
Personnellement, je trouve la force de passer ces vagues dans tout ce que la vie me donne.
Et je ne le dirais jamais assez, tout est une question d’équilibre.
Je mets de la couleur à mon tableau noir pour qu’il se soit jamais que sombre. Mais plutôt une belles composition de mes nuances, avec au premier plan, les plus belles d’entre elles. 

Maudits-Pancakes.


À tout de suite sur les réseaux !


Tu en veux plus ?

Je t’invite à découvrir la façon dont on vit « notre retour annuel au pays« , ou encore, les « 10 raisons d’aimer l’automne au Québec« .
Enfin, si tu te demandes si « la vie est si belle au Canada ? » C’est par ici !



“ Cet article participe à l’événement inter-blogueurs “ le voyage qui a changé ma vie ” du blog d’une famille expatriée au Québec : Stalimapics. Je vous conseille cet article pour voir de sublimes paysages et leur transformation selon les saisons. Toute la beauté du Quebec ! ”

2 réponses sur “Le voyage qui a changé ma vie

  1. HELLO Déborah !
    Très beau récit, criant de vérités.
    On partage forcément certains sentiments, même après seulement un an. Le plus important est de trouver l’équilibre, propre à chacun, qui te permet d’être heureux. Même si ce nest qu’une étape, au moins, comme tu dis, nous l’aurons fait ! 😁
    Merci d’avoir participé à mon événement inter-blogueurs. 😉
    À bientôt, sur les réseaux !

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